Douleurs & Hypnose : Comprendre l'impact des Neurones Miroirs dans l'empathie
Dernière mise à jour : 29 août

Vous arrive-t-il de ressentir tellement fortement les émotions ou la souffrance d’un proche que vous finissez par vous sentir vous-même épuisé(e), tendu(e), voire douloureux(se) ?
Vous accompagnez peut-être un enfant malade, un conjoint en difficulté ou un parent qui souffre. Vous voulez être présent(e), soutenir, protéger…
Mais parfois, l’empathie devient si intense qu’elle finit par vous envahir.
C’est ce que j’ai pu observer chez une maman que j’ai accompagnée en hypnose thérapeutique.
Elle souffrait depuis longtemps de douleurs diffuses. Ses examens médicaux ne révélaient pas de cause expliquant l'ensemble de ses symptômes. Sa souffrance était pourtant bien réelle.
Au cours de notre échange, une phrase a progressivement fait émerger une autre compréhension de ce qu’elle vivait :
« J’ai toujours voulu prendre les douleurs de ma fille pour qu’elle n’ait plus à les porter. »
Cette phrase a marqué un tournant dans son accompagnement.
Elle a commencé à prendre conscience qu’elle pouvait être profondément touchée par la souffrance de sa fille, sans pour autant avoir besoin de porter cette souffrance à sa place.
C’est précisément là que l’hypnose thérapeutique peut constituer un espace intéressant pour travailler sur les émotions, les représentations, les automatismes et la relation que nous entretenons avec notre propre douleur.
Si vous êtes vous-même confronté(e) à des douleurs physiques ou émotionnelles, vous pouvez également découvrir mon accompagnement dédié aux douleurs physiques et émotionnelles.

Les neurones miroirs : quel lien avec l’empathie ?
Les neurones miroirs ont été étudiés notamment pour comprendre certains mécanismes liés à l'observation des actions et à leur représentation dans le cerveau.
Leur rôle dans l’empathie fait encore l’objet de recherches et de débats scientifiques. Certaines études mettent en évidence une association entre l’activité du système miroir et certaines dimensions de l’empathie, mais il serait trop simpliste d’affirmer que les neurones miroirs nous font directement « ressentir la douleur de l’autre ».
L’empathie est en réalité un phénomène beaucoup plus complexe.
Lorsque nous voyons une personne que nous aimons souffrir, notre cerveau peut mobiliser des réseaux impliqués dans le traitement de la douleur et des émotions.
Des travaux en neuro-imagerie montrent notamment que l’empathie face à la douleur mobilise certaines régions également impliquées dans l’expérience douloureuse, sans pour autant signifier que nous ressentons exactement la même douleur que l'autre personne.
Cette distinction est importante.
Comprendre la souffrance de quelqu’un ne signifie pas nécessairement devoir la porter.
Et c’est parfois cette confusion qui peut devenir épuisante.

Quand l’empathie devient envahissante
Être empathique est une richesse.
Cela permet :
de comprendre l’autre
d’être attentif à ses besoins
d’apporter du soutien
de créer une relation profonde
de ressentir de la compassion
Mais lorsque l’on s’identifie très fortement à la souffrance d’un proche, il peut devenir difficile de faire la différence entre :
« Je souffre avec toi »
et
« Je souffre à ta place. »
Cette distinction peut sembler subtile.
Pourtant, elle peut changer profondément la manière dont nous vivons une relation.
Certaines personnes finissent par surveiller constamment l’état de leur proche, anticiper ses difficultés, ressentir sa détresse avant même qu’elle ne soit exprimée ou culpabiliser lorsqu’elles vont mieux que lui.
Elles peuvent alors avoir le sentiment que prendre soin d’elles-mêmes revient à abandonner l’autre.
C’est précisément ce type de fonctionnement que l’accompagnement thérapeutique peut aider à explorer.

L’histoire d’une maman qui voulait prendre la douleur de sa fille
Lors de l’entretien avec cette maman, nous avons d’abord parlé de ses douleurs, de son quotidien et de son parcours.
Comme souvent, les symptômes physiques étaient au premier plan.
Puis, au fil de la conversation, elle m’a parlé de sa fille gravement malade.
Elle m’a expliqué combien elle souffrait de voir son enfant souffrir.
Et surtout, elle a prononcé cette phrase :
« J’aurais tellement voulu prendre ses douleurs. »
À cet instant, quelque chose s’est éclairé.
Non pas parce que cette phrase constituait une explication médicale à ses douleurs (ce serait impossible à affirmer) mais parce qu’elle révélait une représentation profonde de son rôle de mère.
Elle avait associé, peut-être inconsciemment, l’amour, la protection et la souffrance.
Comme si être une bonne mère signifiait nécessairement souffrir avec son enfant.
Comme si aller mieux pouvait signifier laisser sa fille seule avec sa douleur.
Peut-on aimer quelqu’un sans porter sa souffrance ?
C’est une question essentielle.
Si je ne souffre plus avec mon enfant, est-ce que je l’aime moins ?
Si je vais bien alors qu’il va mal, suis-je égoïste ?
Si je me protège émotionnellement, suis-je encore suffisamment présente ?
Ces questions peuvent maintenir une personne dans un fonctionnement épuisant.
L'objectif du travail thérapeutique n'est évidemment pas de devenir indifférent à la souffrance de l'autre.
Il s'agit plutôt de retrouver une position plus équilibrée :
Je peux être profondément présente sans absorber.
Je peux comprendre sans porter.
Je peux aimer sans souffrir à la place de l’autre.

Comment l’hypnose thérapeutique peut aider à changer cette relation à la douleur
L’hypnose thérapeutique peut permettre d’explorer certains automatismes, représentations et réactions émotionnelles.
Elle ne consiste pas à effacer une émotion ou à faire disparaître une douleur par magie.
Elle peut plutôt aider la personne à modifier la manière dont elle perçoit et vit certaines expériences.
Dans le cas de cette maman, le travail pouvait notamment porter sur plusieurs dimensions.
Identifier le fonctionnement inconscient
Pourquoi cette souffrance semble-t-elle nécessaire ?
Que représente le fait d’aller mieux ?
Qu’est-ce qui pourrait changer dans la relation avec sa fille si elle cessait de porter cette douleur ?
Ces questions permettent parfois de mettre en lumière des associations qui fonctionnaient jusque-là automatiquement.
Redéfinir son rôle de parent
Être une mère présente ne signifie pas nécessairement ressentir toutes les souffrances de son enfant.
On peut être :
attentive
protectrice
disponible
aimante
à l'écoute
sans s'oublier soi-même.
L’hypnose peut accompagner ce changement de représentation et permettre d’explorer une nouvelle façon d’être présente.
Créer une séparation émotionnelle saine
Se dissocier de la souffrance de l'autre ne signifie pas couper le lien.
Il peut s'agir au contraire de retrouver une juste distance émotionnelle.
Une distance qui permet de rester disponible sans être submergée.
Retrouver ses propres ressources
Lorsque l'on consacre énormément d'énergie à surveiller, anticiper ou ressentir les difficultés d'un proche, on peut progressivement perdre le contact avec ses propres besoins.
Le travail thérapeutique peut alors permettre de revenir vers :
son corps
ses émotions
ses besoins
ses limites
ses ressources
ses propres projets
Hypnose et douleur : apprendre à changer son expérience
L’un des intérêts de l’hypnose est de travailler sur la manière dont une personne porte son attention sur ses sensations, ses émotions et ses représentations.
Dans certaines situations, cela peut contribuer à :
diminuer la charge émotionnelle associée à une sensation
modifier certaines représentations
favoriser la détente
développer de nouvelles stratégies face à la douleur
retrouver un sentiment de contrôle
mieux distinguer ses propres émotions de celles d’un proche
Les résultats ne sont pas identiques pour tout le monde et aucune séance ne peut garantir la disparition d’une douleur.
Mais l’objectif peut être beaucoup plus large :
retrouver une relation différente avec ce que l’on ressent.
Ce que l’hypnose peut permettre d’explorer
Chaque accompagnement est différent.
Selon votre histoire, le travail peut notamment porter sur :
l'hyperempathie
la peur de perdre un proche
la culpabilité
les difficultés à poser des limites
les schémas de protection
la relation à la douleur
la charge émotionnelle familiale
le besoin de contrôler ou de protéger
la difficulté à prendre soin de soi
L'objectif n'est pas de chercher systématiquement une cause psychologique à une douleur physique.
Il s'agit plutôt de comprendre ce que la situation représente pour vous et comment votre histoire influence votre manière de la vivre.
Quelques mots pour conclure
Les neurones miroirs participent à un vaste champ de recherche autour de la perception des actions, de la cognition sociale et de l'empathie. Mais ils ne constituent pas à eux seuls une explication aux douleurs ressenties lorsqu'un proche souffre.
Ce qui m'intéresse dans ma pratique est surtout ce qui se joue dans l'expérience personnelle de chacun.
Pourquoi cette souffrance est-elle si difficile à laisser à l'autre ?
Pourquoi avons-nous parfois besoin de porter ce qui ne nous appartient pas ?
Et surtout :
comment rester profondément aimant(e), présent(e) et empathique sans nous abandonner nous-même ?
L'hypnose thérapeutique peut être un espace pour explorer ces questions, retrouver vos ressources et construire une relation plus apaisée avec vos émotions et celles de votre entourage.
Si vous souhaitez échanger sur votre situation, vous pouvez découvrir mon accompagnement en hypnose thérapeutique ou prendre rendez-vous.
Pour me contacter
Carole Franceschetto – CALMÉLIANCE™
📍 Cabinet : Bourg Achard, près de Rouen & Pont-Audemer
📞 06 22 36 03 19




Commentaires